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Après Bush - Pourquoi l'Amérique ne changera pas


Yannick Mireur
Préface de Hubert Védrine

Dans un essai remarquablement documenté, Yannick Mireur analyse l'évolution de la politique des Etats-Unis. Il examine en profondeur les grands dossiers des affaires américaines (guerres de valeurs, bourbier irakien, malaise économique, etc.). Sur les élections américaines de 2008, son opinion originale et argumentée permet de mieux connaitre les candidats Barack Obama et John McCain, et de comprendre les enjeux pour l'Amérique de demain.




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Summary
Informations :
232 pages - 19.00 euros
ISBN : 978-2-916722-30-6
Format : 150 x 240
  • Présentation
  • Extrait

George W. Bush s’en va.

L’ère « W. » s’achève sur un sentiment d’échec. Sur le plan intérieur, le malaise économique est croissant : défaillance du système de sécurité sociale, décrochage des salaires et angoisse face à la mondialisation… Sur la scène internationale, empêtrés dans le bourbier irakien et rejetés par l’opinion mondiale, les Américains doivent restaurer la légitimité de leur leadership.

Pourtant, qui peut nier que George W. Bush aura incarné un esprit américain ? On ne peut comprendre l’Amérique sans plonger dans l’âme du Sud, terre à la fois meurtrie, têtue et changeante. La présidence Bush fut le reflet fidèle d’une Amérique profonde, conservatrice, et sincèrement religieuse, d’une Amérique qui ne doute pas. Forever America.

« W. » s’en va mais la guerre contre la terreur continue. En 2009, les candidats à la succession, Barack Obama le fils prodigue et John McCain le républicain rebelle, marqueront-ils le début d’une refondation ? Rien n’est moins sûr…



Spécialiste des états-Unis et rédacteur en chef de la revue Politique américaine, Yannick Mireur est docteur en relations internationales de la Fletcher School of Law and Diplomacy de Boston.




   « W. » s’en va. (…) Pourtant, son ombre habitera après lui les chemins de l’Amérique vers le monde. Dans le droit fil de l’héritage clintonien, le centrisme conservateur des démocrates, que Barack Obama infuse de religieux, montre combien l’ancre politique américaine penche à droite. Quant aux républicains, en quête d’esprit reaganien, ils ne peuvent ignorer les militants du conservatisme social et la base évangélique, socle électoral du bushisme.


   La droite américaine a gagné. Dans sa bataille épique pour investir l’esprit américain, elle a remporté un franc succès face à un centre-gauche « libéral » dont elle a réussi à gommer la face centriste et modérée,  

   Les années « W. », grand succès électoral du conservatisme américain, représentent une très nette rupture, en politique intérieure comme étrangère, y compris avec le reaganisme. L’influence du religieux et la splendide certitude qui est la marque de fabrique de la présidence Bush se sont traduites par un exercice quasi sectaire du pouvoir. 
 
   On ne peut comprendre l’Amérique sans plonger dans l’âme de Sud, terre à la fois meurtrie, têtue et changeante
  
Le Sud habituellement raillé, méprisé et enfermé dans des représentations qui forcissent le trait, où l’occupation par les troupes fédérées du Nord fut un traumatisme encore ancré dans la mémoire, connaît une renaissance. Le Sud longtemps arriéré, croupissant dans un conservatisme inflexible et dépassé, est devenu terre de conquête économique face à un Nord qui, depuis Hamilton, est le moteur industriel de la modernité américaine.