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La Russie menace-t-elle l'Occident





PRIX ANTEIOS
DU LIVRE
DE GEOPOLITIQUE ET DE GEOECONOMIE 2010

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Summary
Informations :
224 pages - 17.00 euros
ISBN : 978-2-916722-84-9
Format : 135 x 210
  • Présentation
  • Extrait

Si l’on en croit Vladimir Poutine, la fin de l’URSS serait « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ». Les violentes menaces et actes hostiles à l’encontre de nations européennes donnent sens à cette brutale affirmation. Embargos énergétiques à répétition, tentatives de déstabilisation et passage à l’action armée contre la Géorgie empoisonnent les relations russo-européennes. Dans les crises extérieures qui mettent au défi l’Occident, en Iran ou dans d’autres théâtres géopolitiques, la Russie exploite, en vue de ses seuls intérêts, les opportunités stratégiques qu’elle rencontre.

L’Occident perdrait-il donc la « Russie-Eurasie », puissance perturbatrice et encline aux excès aux confins de l’Europe ? A la croisée de l’Orient et de l’Occident, cet Etat-continent est animé par un nouvel autoritarisme et les dirigeants russes entendent reconstituer une sphère de contrôle exclusif dans l’espace post-soviétique. Ils agissent en conséquence. Leurs prétentions s’opposent à l’extension des frontières de la liberté dans l’Ancien Monde et appellent des réponses à la hauteur des enjeux. Quelle posture l’Occident doit-il tenir face à ce pays ? Encore faut-il poser le juste diagnostic géopolitique.


 

Jean-Sylvestre Mongrenier est professeur agrégé et docteur en géographie-géopolitique. Il est chercheur à l'Institut français de géopolitique (Paris VIII) et chercheur associé à l'Institut Thomas More. Ses travaux sur la géopolitique et la défense en Europe ont été récompensés par le Prix Scientifique de l'IHEDN (2007).



La Russie menace-t-elle l'Occident ?

Le système Poutine

Le fait essentiel des deux mandats présidentiels de Vladimir Poutine aura été la levée des ambiguïtés et le durcissement des pratiques politiques. Un temps éclipsés par les hommes d’affaires et les « oligarques » des années Eltsine – ils demeuraient présents y compris dans la sphère économique - les « siloviki » sont revenus en force dans le sillage de l’ancien lieutenant-colonel du KGB et chef du FSB. À l’intersection des « clans » en lutte pour le contrôle des rentes économiques, Vladimir Poutine est le point d’équilibre et le chef naturel de ce que certains politologues russes considèrent être une militarocratie. Aujourd’hui, les « hommes en épaulettes » se retrouvent à tous les niveaux du pouvoir et ils peuplent les directions des grandes entreprises. C’est au cours des années 2003-2004 que les choses se sont précisées et l’affaire Khodorkovski marque un tournant. Lorsque cette figure emblématique des années Eltsine, patron d’Ioukos et première fortune de Russie, se pose en rival de Vladimir Poutine, le conflit est ouvert. Malgré lui peut-être, Mikhaïl Khodorkovski incarne une alternative à la « voie russe » mise en avant par le Kremlin. Le 25 octobre 2003, un commando du FSB procède à l’arrestation de l’homme d’affaires sur le tarmac de l’aéroport de Novossibirsk (Sibérie). Inculpé pour fraude fiscale et détournements de fonds, il est condamné à huit ans de réclusion et interné à Tchita (Sibérie), à proximité de la frontière russo-chinoise (14 septembre 2005) ; il encourt aujourd’hui une peine plus lourde encore. Les autres « oligarques » se soumettent.